Mayet « Si ma femme vit jusqu'à 60 ans, ce sera un miracle »

À 67 ans, Jean-Jacques Auriau vit un double drame. Celui de voir son épouse de 58 ans seulement s'éteindre peu à peu chez elle et l'incapacité des structures spécialisées à pouvoir répondre à sa demande.

02/02/2017 à 11:00 par jimmy.charlot

Jean-Jacques Auriau se bat pour que sa femme obtienne une place en unité spécialisée.  -
Jean-Jacques Auriau se bat pour que sa femme obtienne une place en unité spécialisée. -

Jean-Jacques Auriau est à bout de souffle, éreinté, épuisé par l’épreuve et impuissant devant une situation qui se dégrade.

À 67 ans, les yeux rougis par l’émotion et l’état de santé de son épouse, il a décidé de parler, de nous raconter « une histoire un peu compliquée », concède-t-il modestement. De nous laisser entrer dans l’intimité de son foyer, de son quotidien dédié à 100 % à Hélène, son épouse.

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Elle souffre depuis 8 ans de la maladie d’Alzheimer et un peu plus récemment de Parkinson. Aujourd’hui, elle n’a que 58 ans.

« Ma femme ne fait plus rien. Elle passe ses journées entre son lit médicalisé et le canapé. Elle ne me reconnaît plus. Depuis 5 ans, elle est incapable de faire une activité, elle ne lit plus, n’écrit plus et ne regarde plus la télévision »

raconte son mari. Pour la déplacer d’une pièce à une autre, il faut utiliser un fauteuil roulant. « Elle ne marche plus, ne tient plus debout seule. »

Dignité

Et depuis peu, elle doit subir des ponctions pour ses besoins naturels car tout le bas de son corps ne fonctionne plus. « J’essaie le plus possible de la maintenir dans la dignité. »

L’attention est permanente, prenante, usante. L’homme, qui durant toute sa carrière professionnelle a dirigé des magasins Carrefour et des dizaines d’employés, n’y arrive plus ! L’épreuve est devenue trop lourde pour un seul homme. « Je demande qu’on puisse lui trouver une place dans une unité spécialisée dans les plus brefs délais. J’ai perdu 23 kg en 6 mois. Il faut que ça s’arrête ! », se désole Jean-Jacques Auriau.

Sa femme est inscrite sur des listes d’attente à Mayet, à Pontvallain, au Grand-Lucé.

« Je suis à bout »

« Je paie également deux personnes sur mes propres deniers pour s’occuper de ma femme. Elles viennent lui tenir compagnie trois fois par semaine. Ca permet de me libérer un peu », ajoute-t-il. Avant de tomber en sanglots.

« Je suis à bout. Je vis très mal tout ça. Vous savez, je n’ai plus rien à perdre à part ma femme. Je n’ai plus de loisirs, je n’ai plus rien. »

Approfondissez ce sujet en lisant notre édition papier du vendredi 3 février 2017

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